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Le regard feministe sur la laicitè/ Sguardo femminista sul principio di laicità - [IFE Italia]
IFE Italia

Le regard feministe sur la laicitè/ Sguardo femminista sul principio di laicità

di Nina Sankari, Presidente IFE Pologne
domenica 18 dicembre 2011

La relazione, in francese, presentata al Convegno "Soggettività e laicità: la donna protagonista dello spazio pubblico"

Milano Bicocca, giovedì 17 novembre 2011

E’ possibile l’utilizzo della relazione purchè si citino l’autrice e la fonte

Le regard féministe sur la laïcité Nina Sankari, présidente de l’Intitiative Féministe Européenne en Pologne

Je remercie cordialement les organisateurs – IFE Italie et l’Université de Milan - pour l’invitation à cette conférence. Le thème de la laïcité est d’un intérêt particulier pour moi; je conjugue mes activités féministes avec la lutte laïque (en tant que membre de l’Association Polonaises des Rationalistes et du Bureau International Laïque a Paris) et libre penseuse (Membre-fondatrice de l’internationale de la Libre Pensée – forcement très laïque - fondée en Août 2011 durant le Congres Mondial Humaniste). En fait, j’ai joint le mouvement féministe en ayant déjà été libre penseuse et militante laïque parce que je considère que le sort de l’émancipation humaine dépend aujourd’hui de la condition de la femme, de son émancipation et de sa liberté, dont la liberté de conscience. Sans rendre la liberté à la moitie de l’humanité, nous ne saurions songer à l’humanité libre.

Introduction Après les événements récents au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, l’actualité du thème de cette conférence est malheureusement encore plus grande que lorsque j’y ai été invité. Le premier acte du gouvernement révolutionnaire libyen a été d’instaurer la charia. En Tunisie, où jusqu’à récemment, les femmes ont bénéficies des droits les plus avancés dans le monde arabe, les islamistes ont remporté les élections. Le Printemps Arabe, qui a balayé les dictateurs liberticides et devait traduire l’aspiration des peuples à la liberté, est en train de se transformer en automne des droits des femmes dans la région. L’oppression des femmes par les religions redevient une question brûlante, et la lutte pour l’Etat laique comme garant des droits des femmes et des droits humains en général prend de nouvelles ampleurs. L’attendue transition démocratique aux pays arabes en révolution est en danger et pourrait finir par prendre forme d’une feuille de figue pour cacher l’evolution vers un autre régime autoritaire, cette fois-ci théocratique. Dans ce contexte, la question de la laïcité mérite bien d’être discutée avec l’attention, surtout qu’en Europe les religions augment leurs intrusions dans la vie politique aussi. Mon intervention se propose d’analyser la notion de la laïcité et l’état de son application, surtout en Europe, sous le prisme féministe. Il sera question de présenter de différentes définitions de la laïcité, montrer les raisons et les résultats de ces différences, ainsi que l’ impact du modèle choisi sur les droits et la situation des femmes. Dans cette analyse la question de la laïcité sera mise dans la perspective de débat sur les valeurs universelles vs. le multiculturalisme, voire le relativisme culturel. Quelque soit le concept de la laïcité, il s’agira d’examiner le rôle de la religion dans la société et surtout les rapports entre le pouvoir des institutions religieuses et celui de de l’état, notammement dans les modèles différents d’organisation d’état concernant ce critère. La laïcité est une solution supposée de protéger contre les abus du pouvoir de part et d’autre. Une question pourtant s’impose vu de nombreux échecs de son application durable, à savoir: est-ce une possibilité potentielle ou réelle? La laïcité est-elle un idéal ou un modèle capable de fonctionner pratiquement d’une façon efficace? Si nous regardons la montée des fondamentalismes de tous bords en Europe, la cléricalisation de l’Union Européenne, il serait justifié de poser la question sur les facteurs qui pourraient limiter le fonctionnement de la laïcité. Ces facteurs, sont-ils externes ou internes, venant de la conception-même? En outre termes, les faillites de la laïcité viennent-elles d’une mauvaise réalisation de ses principes ou y en aurait-il quelques erreurs dans le concept même de la laïcité? La question pourrait paraître provocatrice mais elle mérite une réponse sérieuse. Cette réponse place la lutte laïque dans le contexte de la lutte pour la démocratie, pour les droits de femmes qui font partie intégrale des droits humains, pour le progrès, y compris le progrès social et pour la réalisation de l’aspiration de l’humanité à l’émancipation, en général.

Religions et femmes Pourquoi la laïcité serait-elle un allie des femmes? Rappelons que les doctrines religieuses sont formulées par les hommes et dans leur intérêt. «... la moitié de la population européenne (les femmes) n’a guère, voire aucune, possibilité d’influencer la doctrine religieuse. Par conséquent, plus nous laissons la religion exercer une influence sur nos sociétés et nos processus de décision politique, moins les politiques et pratiques qui en résultent seront représentatives et respectueuses des droits des femmes.» Toutes les grandes religions discriminent et oppressent les femmes. Misogynes et patriarcales, elles privent les femmes de leurs libertés fondamentales dont le droit de la femme de disposer librement de son propre corps ou n’accordent aux femmes le status d’un être humain qu’à moitié. Les religions sont utilisées comme justification des violations des droits humains des femmes sous prétexte d’application des principes démocratiques de la liberté de confession. Cela arrive malgré de nombreuses protestations. La Résolution du Conseil de l’Europe adoptée en octobre 2005 pourtant dit clairement: «La liberté de religion ne peut pas être acceptée comme un prétexte pour justifier les violations des droits des femmes, qu’elles soient flagrantes ou subtiles, légales ou illégales, pratiquées avec ou sans le consentement théorique des victimes - les femmes.» Sous le règne du capitalisme néo-libéral, le climat politique conservateur, nous observons une monté des fondamentalismes religieux de tout bords en Europe (et ailleurs) qui mènent une offensive sans précédent contre les droits fondamentaux des femmes, surtout contre les droits reproductifs : attaques contre l’IVG, contre les examens prénataux et la contraception, contre la fécondation assistée in vitro, contre les droits sexuels des femmes, contre l’éducation sexuelle et le droit à l’information, etc. Le contrôle de la fécondité et de la sexualité des femmes – s’est le principal moteur de l’oppression, Les violations des droits humains des femmes à justification religieuse tels les mariages forcées, polygamie, crimes d’honneur, mutilations sexuelles etc. se multiplient. Les femmes sont les premières victimes des fondamentalismes religieux et ethniques pendant les guerres communautaristes ( p.ex. le viol ethnique, l’esclavage sexuel). Il existe le rapport de proportion inverse entre la place que la religion occupe dans la société et les droits des femmes. Dans les théocraties ou le pouvoir d’état est assimile au pouvoir religieux (Iran, Arabie Seudite) le satus des femmes est le plus bas, non seulement elles ne bénéficient pas de la pleine citoyenneté (étant dépourvues de droit de vote) mais ne sont pas des êtres souveraines dans aucun de domaines de la vie (familiale, professionnelle etc.). Actuellement le modèle théocratique est présent uniquement dans les pays musulmans. Dans le modèle multiconfessionnel adopte par le Liban, dans un même pays les femmes bénéficient de statuts différents selon la confession, avec un degré de l’oppression des femmes musulmanes beaucoup plus élevé (ex. la polygamie et la repugnation) par rapport aux femmes chrétiennes. Dans un pays laïques (France, Suède) les droits des femmes sont les mieux protégés. Il faut pourtant noter que ce n’est pas le modèle formel, déclaré qui joue le rôle. Il y a des pays avec la religion d’état comme Norvege ou les femmes bénéficient pleinement de leurs droits et d’autres comme p.ex. La Pologne, ou malgré l’autonomie réciproque de l’Église et de de l’état déclarée dans la constitution, sous pression de l’Église Catholique très puissante, les femmes ont été privé de leurs droits reproductives et sexuelles (IVG interdit, contraception difficile d’accès, la même chose pour les examens prénatals, l’éducation sexuelle quasi inexistante). Il est clair que moins les religions exercent leur pression sur la société, plus c’est avantageux pour les femmes d’où la laïcité est une idée „women friendly”.

Étymologie du mot laïcité Le mot laïc, issu du latin laicus qui, à son tour, est repris au grec d’église λαϊκός, laikos, „commun, du peuple (laos)”, apparaît par opposition à κληρικός, klerikos (clerc), qui se réfère aux institutions religieuses. Le terme laicus est utilisé dès l’Antiquité tardive pour désigner une personne profane en matière de théologie. Cette signification est présente également dans le terme laïcat qui désigne la collectivité des laïcs. Pour Henri Pena-Ruiz, grand philosophe français et expert en matière de la laïcité, l’origine étymologique du mot laïcité est très instructive: le terme laos exprimant l’idée d’un peuple indivisible, uni sans égard aux différences. Il en tire des conclusions pour sa définition de la laïcité que nous verrons tout à l’heure.

De l’histoire du concept de la laïcité En ce qui concerne la religion chrétienne, la célèbre formule „Rendez a César ce qui est a César et a Dieu, ce qui est a Dieu” (Mathieu, 22) fonde l’autonomie réciproque du pouvoir temporel et spirituel. Cette idée renverse la conception théocratique d’Israel ou les rois-prêtres cumulaient dans leurs mains les pouvoirs religieux, civils et militaires. Au 5eme siècle, le pape Gélase dans sa lettre à l’empereur Anastase fait la distinction entre le pouvoir temporel (potestas) et de l’autorité spirituelle (auctoritas). Mais il tente d’établir une hiérarchie: le pouvoir politique serait moralement soumis à l’autorité de l’Église. Le concept de laïcité trouve ses racines dans les écrits des philosophes grecs et romains, tels qu’ Epicure ou Marc-Aurele , ceux des John Locke et des penseurs français des Lumières comme Diderot et Voltaire, des pères fondateurs des États-Unis comme James Madison ou Thomas Jefferson. Sous la Revolution Française, le 18 septembre 1974 la Convention nationale décrete que la République ne paye plus les frais ni salaires d’aucun culte. Cependant ce n’est pas l’instauration du système laïque mais tout simplement une suppression de l’Église. La première application pratique du concept de la laïcité arrive en France avec en 1905 avec la loi de séparation des Églises et de l’état, l’oeuvre des libres penseurs de l’époque, pour nommer juste quelques grand noms tels Victor Hugo, Aristide Briand, Ferdinand Buissant, Jules Ferry.

Modèles et définitions de la laïcité Il existe des modèles différents de la laïcité moderne, ex. la laïcité française, américaine, turque, laïcité des pays dit ex-communistes (aujourd’hui uniquement Cuba). Modèle français de la laïcité Il serait justifie de commencer la présentation des différents modèles de la laïcité par celui de France, en force déjà plus de 100 ans et qui continue d’être un exemple pour les autres nations. C’est un modèle de séparation le plus radical en Europe qui avait pour but d’écarter les églises de la vie politique et pourrait être symboliquement résumé par les célèbres paroles de Victor Hugo: l’Église chez elle, l’Etat chez lui. La loi de séparation n’a pas été négocié avec l’Eglise qui l’a rejeté. Ce n’est qu’en 1923 qu’un compromis a été négocié entre l’Etat et l’Eglise Catholique . Les autres cultes (protestant et juif) ont accepté de se constituer en associations cultuelles suivant les modalités de la loi de 1905. Le principe de laïcité inscrit dans la constitution du 1958: La France est une république laïque. C’est la Loi du 1905 sur la séparation des Églises et de l’Etat qui fonda l’état laïc en France. Elle commence par 2 articles qui sont indissociables et qui déterminent le caractère de cette séparation: „Article 1: La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous seules conditions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. Article 2: La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. (…) seront supprimes des budgets de l’Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercices des cultes.” Les conséquences pratiques ont été par ex. « le déménagement de l’état civil » de la paroisse à la mairie, le mariage civil et le divorce. Selon Henri Pena-Ruize, cette séparation signifie l’égalité des toutes les options spirituelles (religieuses ou pas), ôte aux Églises tout statut de droit public et renvoie les religions dans la sphère privée. Sans cette séparation les premières conquêtes comme le mariage et ensuite le divorce civils ne seraient pas possibles. La laïcité comme forme d’organisation de la société ou la misogynie et le schéma patriarcal véhiculés par les religions sont diminués, ouvre la voie à l’émancipation des femmes mais c’est une valeur universelle qui exprime l’aspiration générale d’émancipation de l’humanité: des hommes et des femmes. Bien entendu, la loi de séparation, à elle seule, n’a pas suffi pour libérer les femmes d’un seul coup, la lutte pour les droits des femmes en France comme ailleurs était longue (rappelons que les femmes en France ont reçu le droit de vote seulement en 1944) et continue toujours. Mais c’était un cadre juridique qui a permis aux femmes de mener leur combat pour une émancipation concrète et durable sans les freins religieux au niveau du pouvoir de l’Etat. Mais cette union ne se fait pas autour d’une religion, une croyance ou une origine ethnique avec ses traditions, langues ou coutumes particulières communes ou supposés communes. Puisque l’idéal laïque est celui d’un monde commun par-delà leurs différences, il constitue l’antidote contre le communautarisme qui empoisonne les sociétés aujourd’hui. La laïcité n’est pas une force dirigée contre le pluralisme religieux ou idéologique. Mais elle protège la société contre l’aliénation de l’espace publique par de différents groupes de pression confessionnelles ou idéologiques. Elle interdit aussi bien la religion que l’athéisme d’état. Ainsi la laïcité est proposé comme le meilleur antidote contre les guerres des dieux ou les totalitarismes. Les valeurs associées à cet idéal sont liberté et égalité mais aussi solidarité. Pour que cette union d’hommes libres et égaux ne soit pas une union de façade, pour Pena-Ruiz il faut associer à la laïcité la solidarité redistributive assurant à tous la dignité d’existence et la justice sociale. Cette conception de la laïcité sous-entend l’existence d’un état capable d’agir dans l’intérêt général et s’oppose au modèle d’état qui se répand actuellement en Europe, un modèle minimal d’état qui démissionne de ses fonctions, surtout de ses fonctions sociales, en laissant les acteurs économiques ou confessionnels (qui sont par définition antidémocratiques parce qu’ils ne viennent pas du suffrage démocratique) de décider du sort de la société. Dans cette conception la laïcité apparaît ainsi comme un remède contre toutes discriminations qu’elles soient basées sur les convictions ou le sexe, la race, l’orientation sexuelle, etc. Mais cette union du peuple (laos)ne se fait pas autour d’une religion, une croyance ou une origine ethnique avec ses traditions, langues ou coutumes particulières communes ou supposés communes. Puisque l’idéal laïque est celui d’un monde commun par-delà leurs différences, c’est également l’antidote contre le communautarisme qui empoisonne les sociétés aujourd’hui. La laïcité n’est pas une force dirigée contre le pluralisme religieux ou idéologique. Mais elle protège la société contre l’aliénation de l’espace publique par de différents groupes de pression confessionnelles ou idéologiques. Elle interdit aussi bien la religion que l’athéisme d’état. Ainsi la laïcité est le meilleur antidote contre les guerres des dieux ou les totalitarismes. Cette conception réunit les composantes de la laïcité contemporaine: le respect de la conscience individuelle, la recherche de l’intérêt général, la primauté de la loi sur les dogmes. La laïcité dans un état-dépositaire du bien commun apparaît comme une condition sine qua non pour le fonctionnement de la démocratie. La loi 1905 sur la séparation des Églises et de l’Etat constituait un acte de grand courage politique mais aussi intellectuel, un acte libérateur de la pensée qui rejetait le règne des dogmes dans la vie publique. Cette valeur de la séparation des Églises et de l’Etat reste toujours valable aujourd’hui, elle est une exigence pour l’existence d’une pensée critique et autonome. La formule célèbre de Condorcet „Rendre la raison populaire” reste toujours le devoir d’un Etat laïque et une mission de l’école laïque. Mais cette interprétation de la laïcité qui désigne plutôt un idéal laïque qu’une réalité pratique, n’est pas la seule en France. Jean Baubérot propose la laïcité inclusive. Il associe la laïcisation qui est le processus par lequel les fonctions publiques se distinguent progressivement et s’affranchissent de la tutelle religieuse et les droits humains (égalité devant la loi, liberté, notamment de culte). Baubérot synthétise la laïcité sous la forme d’un triangle: 1) non domination d’une conviction religieuse ou autre sur l’Etat 2) liberté de conscience 3) égalité en droit des différentes convictions. Les valeurs associées sont donc neutralité de L’Etat, liberté et égalité. Mais il propose sa conception sous forme d’un nouveau pacte social, que l’on pourrait négocier et renégocier en fonction de rapport des forces entre les confessions (on oubliant les athées). Il est également partisan des accommodement raisonnables (p.ex. Le port du voile, de la burka). La conception de la laïcité inclusive s’inscrit dans le cadre des efforts pour redéfinir la laïcité, en ajoutant au mot laïcité des adjectives. On entend aujourd’hui en France, et ce message vient aussi du plus haut, que la laïcité française est dépassée par le temps, qu’elle ne s’accommode plus de la société d’aujourd’hui. Le modèle de séparation des Églises et de l’Etat, étant qualifié d’hostile, on cherche a l’adoucir en propageant une idée de laïcité multiple, ou celle d’accueil, ou encore positive ou ouverte. On ajoute tous ces épithètes séduisants dans un seul but: pour qu’il en reste moins de laïcité. L’Italie a récemment eu sa contribution dans ce processus avec l’invention de la laïcité „creative”.

Séparation des églises et de l’état aux USA La religion est séparée de l’État par le 1er amendement du 12 décembre 1791 de la constitution. Ni la constitution ni la Déclaration des Droits (les dix premiers amendements), les deux textes fondateurs de la République américaine, ne font référence à Dieu ou à la Providence. Ainsi, depuis plus de deux siècles , il n’y a pas de religion officielle dans ce pays. Mais contrairement à la laïcité française, le but de cette séparation est plutôt d’empecher l’ingerence d’etat dans la vie des religions. l’Etat n ‘est rattaché à aucune religion et les religions n’interviennent pas directement dans le débat politique mais tiennent un discours centré sur la morale beaucoup plus que sur le dogme qui leur donne une grande influence sur la formation de l’esprit civique à condition de ne pas heurter les autres confessions par des manifestations ostentatoires. Les références à Dieu sont omniprésentes dans la pratique politique: George Washington, fut le premier président à introduire le serment sur la Bible, alors que la constitution ne prévoyait qu’un simple serment. On note également le In God we trust sur les pièces de billet. Les États-Unis sont de nos jours un pays très imprégnée par les valeurs chrétiennes. Il ne devrait pas surprendre que les droits reproductives des femmes font l’objet des plusieurs controverses de la part de croyants fervents d’où p.ex. très fort mouvement „Pro -life”, descentes dans les cliniques abortives.

La laïcité turque La Turquie est définie comme un État laïque dans sa constitution depuis le 10 novembre 1937. La Constitution du 20 janvier 1921, ne mentionne ni une religion ni la laïcité; la loi constitutionnelle du 29 octobre 1923 en modifie l’article 2 en indiquant que «la religion de l’État turc est l’islam». Cette mention est conservée dans la constitution du 20 avril 1924 (dont l’article 75 proclame pourtant la liberté de conscience et de culte - à condition qu’elles ne s’opposent pas aux lois), supprimée le 11 avril 1928 et remplacée le 10 décembre 1937 par «l’État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur». Mais les imams turcs sont des fonctionnaires payés par l’État et dépendant du Ministère des affaires religieuses qui entretient aussi des missions à l’étranger. La religion figure sur la carte d’identité. L’islam est enseigné dans les écoles. La séparation entre les Églises et l’État n’est pas réciproque comme en France: la laïcité turque signifie le contrôle de la religion par l’État, qui finance et forme des prêtres et des écoles religieuses et la relégation de la religion dans la sphère privée, ainsi que son absence complète dans la vie publique. Sur cette base, en Turquie le port de voile est strictement interdit aux établissements scolaires et d’administration. La question s’est posée à plusieurs reprises sous ce gouvernement (islamique), les femmes de ministres qui porteraient le voile ne peuvent assister à aucune cérémonie officielle. L’armée turque a refusé en août 2007 d’inviter l’épouse, qui porte le voile, du nouveau président Abdullah Gül a une cérémonie officielle. L’interdiction du voile islamique est strictement appliquée par l’armée – les officiers dont les femmes sont voilées sont exclus de toute promotion et souvent renvoyés. La Cour européenne des droits de l’homme a reconnu le 10 novembre 2005, la prohibition de certains codes vestimentaires pour protéger l’égalité entre les hommes et les femmes et prévenir les pressions qui pourraient s’exercer à l’encontre des jeunes filles qui refuseraient de se soumettre à ces prescriptions vestimentaires, notamment dans le cadre de l’affaire Leyla Şahin contre Turquie.

La laïcité des pays dit communistes Après la transformation aux pays de l’Europe de l’Est (dits communistes) ce système n’est aujourd’hui présent qu’à Cuba. Il serait plus exacte qualifier ce modèle de séparation des églises et de l’Etat “un athéisme d’etat” ou une séparation à sens unique parce que dans ce système l’Etat se réserve le droit d’ingerence dans les affaires des églises, tandis que les églises ne peuvent pas intervenir dans les affaires publiques. La liberté de conscience, dont la liberté religieuse, est formellement garantie mais les croyants pratiquants sont exclus des hauts postes des dirigeants. Dans le cas des pays de l’Est, le matérialisme était l’idelologie officielle, la science bénéficiait d’un statu très important pour legitimiser l’ideologie mais les scientifiques devaient être loyales au système politique. L’eglise catholique exclue des décisions politiques, l’egalite home-femme était garantie par la loi et les droits reproductives (don’t IVG) assures mais la représentation politique des femmes n’etait pas équitable. Dans le système dit communiste le respect des libertés démocratiques don’t la liberté de conscience, ayant été limite, la laïcité n’a pas pu fonctionner proprement. Il est intéressant de noter qu’avec le changement du système, dans tous les pays de l’Est (excepte la Tchequie) les Églises respectives (L’Eglise catholique en Pologne, Slovaquie, Croatie, Slovenia, Hongrie; L’Eglise Orthodoxe en Serbie, Macedoine, Montenegro Bulgarie; Islam a Kosovo) en ont regagné et parfois augmente leur position dominante. Une évolution négative dans le domaine de la laïcité provoque inévitablement une régression dans le domaine des droits des femmes, surtout des droits sexuels et reproductifs, ce qui pèse lourdement sur leur situation. La Pologne est un cas modèle d’une telle régression et un leader indiscutable dans le domaine de la cléricalisation de la vie, qui en 20 ans a réussi à faire échanger un athéisme d’état pour un état confessionnel. La Pologne crucifiée aujourd’hui, de la croix parlementaire jusqu’à la croix dans la crèche, avec l’interdiction de l’IVG, le délit d’atteinte aux sentiments religieux, la catéchise à l’école et l’Église étant le plus grand propriétaire foncier - prouve que l’athéisme ne peut pas être imposé par la force politique. Mais c’est une preuve aussi que la laïcité adoptée uniquement par des moyens juridiques, sans être profondément ancrée dans la conscience du peuple, pourrait avoir une vie courte.

Laïcité a la suédoise En Europe, parmi les pays constitutionnellement laïques compte aussi Suède ou la séparation de l’Église et de l’état en 2001 a couronné le long processus de la sécularisation de sa société, ou aux années 90 seulement 15% des Suédois croyaient en dieu personnel et 8% considéraient le Dieu comme très important dans leur vie. Laïcité ou l’état neutre déclarés mais non accomplis Il y a des pays comme p. ex. e Portugal dont la constitution déclare la laïcité ou la Pologne avec le principe l’autonomie mutuelle de l’Église et de l’Etat, mais ou la signature du Concordat vide ces déclarations de sens.

Laïcité vs. sécularisation Il faut noter la différence entre les notions de la laïcité et de la sécularisation qui sont parfois confondues, surtout dans le contexte de traduction aux langues ou le terme laïcité n’existe pas ou est emprunté récemment, par ex. Anglais. Ces deux termes reflètent deux chemins différents que les peuples prennent pour se libérer de l’emprise religieuse. La laïcité est un acte politique traduit par ’ladoption d’une loi de séparation des églises (institutions religieuses) et de l’état. La sécularisation est un processus par lequel la société se détourne progressivement de la religion en se dirigeant vers l’indifférence religieuse. On pourrait se demander laquelle de ces solutions est plus efficace pour la liberté de conscience. Comme il a été déjà mentionné, une séparation décrétée par la loi mais pas ancrée et massivement soutenue par le peuple, pourrait ne pas survivre au changement politique (ex. pays de l’Est). D’autre part, une sécularisation informelle, sans support des lois, peut ne pas aboutir a l’écart de la religion de la sphère publique, et surtout protéger l’état contre l’ingérence politique des institutions religieuse. Il semble que le chemin de la Suède offre la meilleure solution et peut-être montre l’exemple d’ une laïcisation efficace en Europe. On pourrait aussi citer l’exemple de la Tchéquie qui – la seule parmi les autres pays dits l’ex-communistes – n’a pas suivi la voie de la re-cléricalisation après “la révolution de velours”. Pour des raisons historiques,en Tchéquie il y a le plus taux d’athées le plus élevé en Europe, selon les sources, de 40% jusqu’à presque deux tiers de membres de la société se déclarent athées. Il n’est pas surprenant qu’en Tchequie le taux d’acceptation de l’avortement libre (IVG) est le plus élevé en Europe aussi -82%. En 1950 l’avortement fut autorisé pour des raisons médicales, 1957on en ajoute d’autres motifs importants (p.ex. sociaux), en 1986 une loi sur IVG (sans conditions, jusqu’à 3 mois de grossesse), toujours en vigueur est adoptée. Une tentative de re-pénalisation de l’avortement de la part des députés conservateurs échue (134 voix contre, 23 pour).

Situation de la laïcité en Europe Il semble qu’en Europe nous sommes aujourd’hui témoins de deux tendances opposées: d’une part, la sécularisation de la société “par le bas” progresse (le nombre des croyants pratiquants baisse régulièrement, le nombre de nouveaux prêtres aussi, de même que le nombre des mariages religieux), et d’autre – l’influence politique des églises et des religions monte grâce a la sacro-sainte ” alliance du trône, de l’autel et de la bourse.” La droite, le bras politique du capital, supporte l’Eglise, en lui accordant des privilèges, ’’Eglise lui offre en revanche la légitimisation morale et la protection de l’ordre établi. L’Union Européenne montre une tendance à la cléricalisation (cf. Traite d Lisbone), institutions du Conseil de l’Europe, dont La Cour européenne à Strasbourg aussi (cf. Affaire Lautsi). Ce phénomène devrait être placé dans le contexte plus général d’un conflit croissant entre les masses populaires qui se lèvent contre les injustices néoliberales (mouvements des indignés, occupy, 99% etc.).

Critique des limitations de la conception de laïcité Les attaques, souvent réussies, contre la laïcité en Europe de la part de la droite au pouvoir dans beaucoup de pays européens, un processus de la delaicisation des “pays de l’Est” et leurs cléricalisation montrent que la politique de l’écart de la religion de la sphère publique par la seule force des lois ne lui garantit pas le succès durable. Historiquement, le combat laïc fait partie du combat pour l’émancipation humaine et traditionnellement appartient au paradigme de la gauche. Ou devrait y appartenir ce qui n’est pas toujours le cas. La gauche identitaire postmoderniste, en générale, n’est pas radicale dans sa critique de la religion (on oubliant l’aspect de classes qui se cache derrière la domination religieuse), mais en face de la critique du caractère oppressive de l’Islam est prête d’aller jusqu’au relativisme culturel. La polygamie, officiellement reconnue dans l’islam par la charia et les tribunaux islamiques, pourrait être mise au même plan que la pluralité des partenaires féminins d’un homme (rapport son fondement juridique ou légal) et ainsi affranchie de culpabilité. Le multiculturalisme professé sans égard aux valeurs universelles (“l’emancipation humaine, on en a fait”) aveugle cette gauche au point qu’elle ne voit pas derrière le port du voile ni même de la burka l’expression de l’oppression de la femme, qu’elle en soit consciente ou pas. La droite conservatrice traditionnellement est opposée a l’idée de la laïcité. Si la laïcité est une solution politique, elle dépend de rapport des forces et pourrait faire l’objet de manipulations politiques (Sarkozy), renégotiations (Baubérot) ou tout simplement de l’abolition (pays de ’lEst). Le facteur politique limite donc l’application de la notion de laïcité. Le relativisme culturel détourne aussi le sens de la laïcité. On redéfinit le sens de la laïcité au nom du prétendu bien commun du peuple (laos), en proposant des "accommodements raisonnables" de la laïcité qui pourrait inclure des éléments des traditions et culture (ou plutôt, cultes) jusqu’ici incompatibles avec la séparation. Pour Jean Bauberot le critère serait l’inversibilité: non pour l’excision, oui pour le voile ou la burka. Il est intéressant a noter que les "accommodements" et concessions se font le plus facilement au dépend des femmes. On oublie qu’aussi bien dans le cas de la lutte pour l’IVG contre la pression catholique que dans le cas du voile islamique ce sont des luttes symboliques. l’IVG représente la lutte de la femme pour le contrôle de son propre corps, donc pour son souveraineté en tant qu’être humain, dans le deuxième - c’est une lutte contre le signe de la soumission a l’homme et dans le cas de la burka - contre la perte de l’identité. La conception française de la laïcité exige un respect égal de la liberté de conscience et de la liberté religieuse mais elle sont souvent en conflit. Si les non croyants mettent l’accent sur la liberté de conscience, les religieux sur la liberté religieuse. Henri Pena Ruiz compare le rôle de la laïcité au rôle de l’arbitre d’un match de football qui veille a ce que les deux équipes (croyants et non croyants) jouent "fair". Mais pour les religions et les institutions religieuses il n’y a qu’un seul arbitre - le Dieu tout puissant, que le clergé représente sur terre, et les règles humaines seront toujours soumises au droit "naturel", voire divin. Les églises et institutions religieuses acceptent la laïcité uniquement si elle leur est favorable, sert leurs intérêts, augmente leur poids dans la sphère publique. La laïcité, en accordant la même place (sinon même valeur) a toute option spirituelle, religieuse ou non, basée sur les livres saints ou la science, en fait, laissant la place aux manipulations diverses. Ainsi au nom de la laïcité, on peut demander d’enseigner le crétionisme comme une hypothèse de même valeur que l’évolutionnisme a l’école publique: "creationisme, évolutionnisme - rien n’est prouve" - affirma le Ministre de l’éducation du cabinet Kaczynski. La laïcité est un modèle d’organisation de la vie commune de la société au-delà les différences, sans favoriser ou porter le jugement négative sur une option spirituelle quelconque (religieuse ou pas), en laissant, en fait, les opinions religieuses nocives sans condamnation.

Conclusions Étant donné que les religions infériorisent, discriminent et oppressent les femmes, moins elles influencent la vie des societés, mieux cela vaut pour les femmes. La laïcité est un concept qui écarte la religion de la sphère publique, en la rendant une affaire privée. En diminuant l’impact des religions sur la vie de la societé, la laïcité ouvre la voie à l’émancipation humaine, et surtout - à l’émancipation des femmes, en leur offrant un cadre juridique pour lutter contre la misogynie et l’oppression patriarcale. Dans ce sens la laïcité est un allié des femmes. Mais c’est un allié qui risque à ne pas accompagner la femme dans sa lutte jusqu’au bout. La laïcité, comme un concept politique, dépend de rapport des forces entre ses partisans et ses opposants - les forces conservatrices. La laïcité n’est pas une option spirituelle concurrente à la religion, n’est pas hostile à la religion. Mais les religions sont hostiles aux droits des femmes, en les privant de leur droit à disposer librement de leur corps ou en les traitant comme des êtres humains à moitié. La laïcité n’est pas un moyen suffisant pour que la femme s’affranchit de cette discrimination. Pour réussir ce but, elle doit s’affranchir de la religion. Mais le combat pour la liberté de la femme se situe dans le cadre de la lutte pour l’émancipation intégrale politique et économique de l’Humanité.


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